Figure mythique du mouvement hippie, son « Peace and Love » n’est pas une parole en l’air, mais un combat ancré dans chacune de ses chansons. Son engagement politique, en faveur de la paix et de la liberté, lui vaut la reconnaissance et les ventes, mais aussi des condamnations. Mais celle pour qui « seul le silence est une honte » ne craint pas l'emprisonnement. Condamnée à quelques mois de prison fermes, le risque d’incarcération ne bâillonne pas ses convictions et ses revendications. Sa génération n’est pas seulement celle des fleurs, mais aussi celle des sittings et de la protestation. Toujours révoltée par le monde, Joan Baez continue, au 21 ème siècle, à combattre les injustices et à militer pour l’égalité.
Dès 1959, la jeune chanteuse se fait remarquer dans un festival avec des chansons traditionnelles. En 1960, elle sort « Joan Baez ». L’album se vend très bien, mais Joan Baez est de ses artistes qui se fichent des hit-parades. Pour elle, la musique sert à interpeller les consciences. Avec les chansons de Bob Dylan, dont elle tombe amoureuse, Joan poursuit son activisme. En solo, avec sa guitare acoustique, Joan Baez chante le folk, l’inégalité entre les hommes, la pauvreté, l’inanité de la guerre, les trahisons amoureuses ou la rédemption. Celle qui interprète la condition humaine, en lui donnant des accents de tragédie, de dignité et de résistance, est surnommée « la reine du Folk » ou « la Madone des pauvres gens ». Luttant pour les droits de l’Homme, Jan Baez ne se considère pas seulement comme une chanteuse, mais aussi comme une politicienne. Lors du discours historique de Martin Luther King, elle est là pour faire chanter « We Shall Overcome » aux manifestants. Comme Martin Luther King, elle rêve de justice et ne craint pas la mort physique si elle doit libérer de la mort psychologique.
elle sort son album éponyme chez Vanguard Records en octobre 1960. Il ne connaît qu’un succès modéré mais son second disque, Joan Baez Vol. 2 (septembre 1961) fait un tabac qui ramène le public vers le premier opus. Les deux font une immense succès, comme le troisième album, Joan Baez in Concert, Pt. 1 (septembre 1962). Chaque album passe disque d’or et reste dans les charts des meilleures ventes plus de deux ans.
De 1962 à 1964, elle devient le visage populaire de la folk, faisant la tête d’affiche des festivals et des tournées, chantant aux évènements politiques, dont la Marche sur Washington de 1963. Durant cette période, elle soutient le travail du songwriter Bob Dylan, tandis que son propre répertoire évolue de la folk traditionnelle vers les travaux politisés de la nouvelle génération comme Dylan. Elle sort alors Joan Baez in Concert, Pt. 2 (novembre 1963) et Joan Baez 5 (octobre 1964). Comme tous les folkeux, elle est affectée par l’apparition des Beatles en Amérique en 1964 et l’introduction du folk-rock par Dylan ou Fairport Convention, et elle passe d’un accompagnement acoustique à une orchestration avec d’autres instruments, initié sur Farewell, Angelina (octobre 1965). Cela continue sur Noël (octobre 1966) et Joan (août 1967), où son orchestre est conduit par Peter Schickele.
En 1965, poursuivant ses engagements politiques, Joan Baez fonde l’institut pour l’étude de la non-violence. Soucieuse de délivrer un message de paix et de liberté, elle multiplie, tout au long de sa carrière, les apparitions dans le monde entier. En pleine guerre du Vietnam, elle part à Hanoi, avec les soldats, pour aider Amnesty International à s’établir. De Woodstock à la Fête de l’Humanité, de Sarajevo à Madrid, Joan s’oppose à la guerre et à la dictature. Joan chante la souffrance en anglais, mais pour les Chiliens, qui souffrent de la politique de Pinochet, elle chante en espagnol. « No Nos Moveran » est censuré sous Franco. En 1977, trois ans après la mort du dictateur espagnol, elle se rend en Espagne pour l’interpréter.
Dans les années 70, « la reine du Folk » se tourne vers la Country. En 1979, “The Joan Baez Country Music Album” sort. Mais l’album de ces années est celui de 1975 : “Diamonds and Rust”. Elle chante aussi une de ses plus belles chansons - “The Ballad Of Sacco & Vanzetti” – pour le film « Sacco et Vanzetti ». Avec la B.O., elle défend les deux émigrés. Peu importe les dépositions venant conforter l’alibi des accusés, Sacco and Vanzetti, en possession d’armes, font figure de braqueurs. Accusés de meurtre, ils sont exécutés. Dans les aigus, Joan Baez rejoint l’au-delà et englobe d’une force céleste la tragédie de deux innocents qui se préparent à la mort.
Elle continue à aligner les albums dans les années 1990 et 2000 : le live Ring Them Bells en 1995, Gone from Danger en 1997, Dark Chords on a Big Guitar en 2003. En 2005, sort le documentaire Bowery Songs, qui retrace sa performance à New York, l’année précédente.
Joan passe chez A&M Records et se tourne vers la pop avec Come from the Shadows (mai 1972). Elle continue sur cette voie pop rock et commence à écrire ses propres chansons. Son talent fait passer Diamonds & Rust (avril 1975) disque d’or et lui permet de sortir son premier album entièrement écrit par elle-même, Gulf Winds, en octobre 1976. Elle abandonne alors A&M et son album suivant, European Tour (1980) sort uniquement en dehors des Etats-Unis. Sept années passent avant qu’elle ne retrouve un nouveau label américain, Gold Castle, pour sortir Recently (1987), le live Diamonds & Rust in the Bullring (1989) et Seaking of Dreams (1989). Baez passe alors chez Virgin pour Play Me Backwards (1992).
Joan Chandos Baez naît à New York, le 9 janvier 1941. Fille de père mexicain et de mère irlandaise, Joan apprend à faire face à la discrimination et aux injures racistes. Avec sa voix de soprano, et son léger vibrato qui ajoute une immense intensité à chacun de ses morceaux, Joan se fait entendre.
Baez continue d’expérimenter avec Baptism (juin 1968) dans lequel elle récite de la poésie, et Any Day Now (décembre 1968), un double album de reprises de Dylan avec un groupe de country. Disque d’or. En mars 1968, Joan épouse le leader du mouvement anti-guerre David Harris, un fan de country. Pour lui, elle sort les très country David’s Album (1969) et One Daya t a Time (1970). En août 1971, son double album Blessed Are… passe disque d’or, et envoie sa reprise du « The Night they Drove Old Dixie Town » de The Band au Top 10.
La plus complète des interprètes de folk des années 1960, Joan Baez, a influencé presque tous les aspects de la musique populaire au long d’une carrière qui est allée en se fortifiant. Baez est dotée d’une voix de soprano absolument unique, mise au service de la folk, de la pop et de nombreuses causes politiques depuis la fin des fifties.
Dans les années 80, Joan Baez se tourne vers le rock engagé. Dans « Recently », elle interprète « Biko » de Peter Gabriel. En 1990, elle poursuit engagements et collaborations. En 2003, Joan Baez sort « Dark Chords On A Big Guitar ». Ses nombreux succès, dont « Suzanne », « Stewball », « Farewell Angelina », etc., font de Joan Baez une artiste inoubliable. L’interprète d’un des plus beaux « Amazing Grace » semble une inspiration toujours contemporaine.
CES CITATIONS
"L'action est l'antidote au désespoir."
"Si c'est naturel de tuer, pourquoi les hommes ont-ils besoin d'un entraînement pour le faire ?"
"Je n'ai jamais eu une humble opinion. Si on a une opinion, pourquoi être humble à son sujet ?"
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